07 janvier 2007

Arrêtons de nous culpabiliser

Le problème, ce n’est ni l’autre, ni nous-mêmes ; ce sont les réactions qui se produisent en nous et que nous ne parvenons pas à piloter. Oui, il nous arrive de déraper. Oui, c’est pénible et cela a des conséquences. Oui, cela se répète et se re-répète. Et il n’y a pas de quoi culpabiliser !

Nous ne sommes pas responsables de nos états de défense, nous ne sommes pas non plus limités à nos états de défense.

Ce point est particulièrement important. En effet, nos réactions de défense sont des réactions instinctives qui répondent à un événement perçu comme menaçant. Il n’y a aucun mal à les ressentir. Ce sont des réactions de survie. L’objectif, en revanche, consiste à ne plus passer automatiquement de la réaction instinctive dictée par notre crocodile à sa mise en œuvre. Bref, il est sain de ressentir ces signaux sans pour autant les extérioriser à tous les coups, dans leur forme ou leur intensité originale.

Culpabiliser nous fait souffrir et n’apporte aucune efficacité. L’attitude la plus saine consiste au contraire à « remercier » notre crocodile de la vigilance dont il fait preuve à notre égard et de lui montrer que nous prenons en considération son message d’alerte.

Ainsi, l’objectif n’est pas d’arrêter d’être ce que nous sommes, mais de devenir davantage qui nous sommes… en mieux !

31 décembre 2006

Nos trois besoins vitaux

Derrière chaque réaction de défense, en nous ou chez nos interlocuteurs, se trouve une vraie logique.

Chaque état de défense est l’expression d’un besoin non satisfait ; c’est parce que ces besoins sont vitaux et fondamentaux que notre cerveau reptilien s’exprime avec ce niveau d’urgence et d’exigence.

Comprendre ces besoins et apprendre à les satisfaire autrement que par des réactions non contrôlées nous permettra, petit à petit, d’apprivoiser notre crocodile et ceux de nos interlocuteurs.

- Un besoin de sécurité ou de liberté, inassouvi, provoque des réactions de fuite.

- Le manque de reconnaissance, la difficulté à se reconnaître soi-même ou à se sentir reconnu par les autres provoquent des réactions de lutte.

- Le manque de sens et de cohérence provoque des réactions de repli.

Ce rapport entre le besoin et l'état de défense est expliqué plus longuement dans le livre, ainsi que la conséquence au niveau des "qualités de nos défauts".

24 décembre 2006

Julien et Marina

Julien est un architecte très doué pour se projeter dans l’avenir et cela l’aide à imaginer les bâtiments qu’il conçoit. Il est sympathique et serviable. En ce moment, cependant, il n’est pas heureux car le cabinet qui l’emploie s’est positionné sur le créneau des centres commerciaux. Cela ne correspond pas à son idéal. Petit à petit, Julien ressent une grande lassitude. Il a du mal à se lever le matin. Sa femme Marina lui reproche d’être devenu triste. Il finit par lui avouer que son travail ne lui convient plus. « C’est simple, tu n’as qu’à en parler à ton patron. Ou chercher un autre cabinet et démissionner », rebondit Marina. « Hum… », gromelle Julien.

Quinze jours plus tard, Julien est de plus en plus fatigué. Marina lui demande ce qu’il a fait pour changer sa situation. « Tu sais, ce n’est pas si simple », répond Julien d’un air las. Et cela dure des mois. Marina est de plus en plus agressive avec son mari. Elle est excédée par cette inertie et cette fatigue chronique et se sent coupable de ne pas pouvoir l’aider… Julien s’enferme dans son mutisme : à quoi sert de discuter avec elle puisqu'elle ne comprend rien et propose toujours la même solution !

Leurs modes de fonctionnement sont très différents : Marina, quand elle est anxieuse, cherche des solutions, trouve toujours un projet à se mettre sous la dent, et se remet vite en selle. Cette méthode ne fonctionne pas pour Julien. Il lui manque aujourd'hui  de retrouver un sens à son travail.

Marina, si elle souhaite calmer le crocodile de son mari, doit d’abord calmer le sien, c’est-à-dire trouver des points de repère, regarder les éléments qui peuvent lui faire retrouver un sentiment de sécurité. Elle pourra ensuite agir sur Julien, parler avec lui de ce qu’il considère comme important et essayer de trouver ce qui peut l’aider à sortir de sa situation : son entreprise actuelle sera une référence précieuse pour intégrer un autre cabinet, plus proche de ce qu’il souhaite faire...

Elle a du mal à procéder de la sorte : son réflexe instinctif consiste à monter au créneau et à secouer le cocotier ; c’est très souvent utile mais pas avec Julien, surtout quand il est dans cet état d’esprit ! Cela aurait plutôt tendance à le bloquer et, bien entendu, elle en a conscience.

Les deux crocodiles ne parlent pas la même langue, ils sont comme étrangers l’un à l’autre. Alors que leurs propriétaires s’aiment et vivent ensemble depuis des années, ils ne cessent de s’agacer mutuellement, et font le contraire de ce qui serait efficace pour que leur relation redevienne harmonieuse…

17 décembre 2006

Les trois états de défense

Dans les années 1960, Henri Laborit (chirurgien et scientifique français, rendu célèbre par le film d'Alain Resnais Mon oncle d'Amérique) a mis en évidence trois grands types de réactions automatiques face au danger, qu’il a appelées « états de défense ».

Il a montré que nous aussi, êtres humains, par rapport à un événement ressenti comme un danger, nous réagissons instinctivement :

- par le mouvement qui se traduit par de l’agitation physique, l’envie de partir, la recherche de solutions tous azimuts, l’agitation verbale et cérébrale, etc., tout en éprouvant des sensations d’angoisse et un sentiment de peur ou d’inquiétude ;

- par la lutte  qui se traduit par des paroles ou des gestes agressifs, une élévation du niveau de la voix, un ton cassant, une volonté de passer en force, etc., tout en éprouvant des sensations d’énervement et un sentiment de colère ;

- par le repli  qui se traduit par des phénomènes de blocage, de tétanisation physique et psychologique, une difficulté à s’exprimer, une propension à se dévaloriser, etc., tout en éprouvant une sensation de fatigue et un sentiment de tristesse.

10 décembre 2006

A quoi sert le crocodile ?

Le crocodile a un rôle essentiel : c’est lui qui gère nos réflexes de protection par rapport aux dangers. Dès qu’il perçoit un danger, réel ou supposé, le crocodile déclenche une réaction de défense.

Problème : le crocodile ne fait pas le tri. La réaction qu’il a identifiée comme la plus adaptée peut ne pas l’être du tout ! Elle peut être liée à des automatismes acquis dans le passé et complètement déconnectés du contexte.  Le crocodile est bien intentionné, certes, mais souvent maladroit ou excessif dans sa manière de nous protéger.

26 novembre 2006

Le crocodile pour comprendre nos réactions

Comment garder notre calme quand la situation devient critique ou quand, pour la énième fois, nous nous trouvons face à des réactions qui nous sont insupportables ?

Pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de nous, nous nous sommes appuyés sur les travaux de Catherine Aimelet-Périssol, et en particulier sur son ouvrage Comment apprivoiser son crocodile (éd. Robert Laffont, 2002 ; éd. Pocket, 2004).

Les réactions automatiques que nous avons en situation de stress ne sont pas aussi absurdes qu’elles en ont l’air. Elles sont régies par le cerveau reptilien (partie la plus ancienne du cerveau, et commun à l'ensemble des mammifères) et répondent à une logique de survie. À l’instar de Catherine Aimelet-Périssol, nous le surnommerons le « crocodile ».

Voir également dans ce blog l'article de Catherine Aimelet-Périssol sur son livre « Quand les crocodiles s'emmêlent ».

19 novembre 2006

Prendre en compte les émotions dans notre vie professionnelle

« Laissez les émotions au vestiaire ! » entendions-nous, il n’y a pas si longtemps, en milieu professionnel.

Quand le rôle des salariés consistait principalement à utiliser leurs mains et leur force physique, il était encore possible de leur demander de laisser de côté cette part d’eux-mêmes.

Mais aujourd'hui, les tâches à accomplir deviennent de plus en plus complexes et l'effort de réflexion demandée à chacun croît en proportion. Faire taire nos émotions devient non seulement insupportable, mais contre-productif ! Dans la plupart des métiers, et pas seulement dans le secteur créatif, l’intelligence émotionnelle fait partie des atouts incontournables.

L'une des façons les plus efficaces de réussir et de s'épanouir sur le plan professionnel consiste à tirer le meilleur parti possible de nos réactions émotionnelles et de celle de notre entourage.

12 novembre 2006

Ces émotions qui nous gouvernent

Pourquoi les situations nous échappent-elles ? Pourquoi dérapons-nous toujours au pire moment ?

Lorsqu’ils nous voient en mauvaise posture, les autres ne comprennent pas que nous commettions toujours les mêmes « erreurs », aberrantes à leurs yeux. De la même manière, nous avons souvent du mal à accepter que les autres reproduisent les mêmes schémas, même si nous leur avons exprimé à quel point cela nous était pénible !

Et pourtant… Nous sommes parfaitement conscients d’avoir les réactions que l’on nous reproche. À maintes reprises, nous avons essayé de les corriger, mais elles sont plus fortes que nous. C’est la raison pour laquelle nombreux sont ceux qui considèrent les relations humaines comme illogiques et « casse-gueule ».

Après vingt-cinq années d’accompagnement de managers et de particuliers, nous avons pu vérifier que, contrairement aux apparences, les relations humaines obéissent à une logique.

05 novembre 2006

Le constat de départ

Nous sommes toujours frappés de voir combien les réactions émotionnelles et les dérapages dans la communication jouent un rôle majeur dans la plupart des difficultés rencontrées par les personnes avec lesquelles nous travaillons.

Les difficultés techniques ou matérielles sont rarement les plus difficiles à résoudre. Les problèmes viennent le plus souvent de ce qui se passe en nous : les émotions qui nous assaillent, la difficulté que nous avons à faire passer notre message et à gérer les réactions de nos interlocuteurs.

Nous retombons toujours dans les mêmes pièges : nous aimerions nous comporter de la façon que nous dictent notre intelligence et notre raison, et nous n’y parvenons pas…